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Madame Bocal


“Le zéro déchet, ça prend du temps !”

“C’est bien beau tout ça mais ça prend trop de temps”
“J’ai déjà du mal à trouver du temps pour jouer avec mes enfants, alors faire mes pastilles de lave-vaisselle…”
“J’aimerais bien me mettre au zéro déchet mais je manque de temps”

Se mettre au zéro déchet, devenir plus écolo ça prend du temps mais c’est plus complexe que ça.
Pour moi ce n’est pas une question de temps mais de déclic, d’envie, de motivation. C’est le changement qui est difficile. Ensuite, une fois que l’on est motivé, on déplace des montagnes, réorganise son temps, on se libère des moments… Je le sais bien car ces derniers temps je n’ai plus la même motivation, et pourtant je me suis libérée beaucoup de temps. Tout est en place, donc ça roule. Je vais vous donner mes astuces de “fainéante”.

Comment ça se passe chez moi ?

Lorsque je me suis plongée dans le mode de vie zéro déchet, j’étais à fond. Tout mettre en place peut prendre du temps. Cependant on peut aussi décider de le faire petit à petit sur un an ou deux. On est pas obligé de révolutionner sa vie en un mois. Actuellement, je vais à la simplicité sans y passer beaucoup de temps. L’essentiel est déjà en place me direz-vous ; ceci-dit il y a quand même des astuces pour y aller progressivement.

Côté alimentation

Cette année, n’ayant plus de motivation côté cuisine, j’ai vraiment simplifié ce point là. On est revenu à la simplicité, ça nous libère du temps tout en restant dans un mode de vie écolo et sain.

> Les courses

L’un de nous deux va au marché tous les samedis matin pendant 1 heure 30. Nous aimons y aller, passer ce moment avec nos enfants, mon frère ou encore seul. C’est une habitude à prendre, cependant je l’ai toujours eu ayant vu ma mère faire ainsi. C’est agréable de choisir ce que l’on achète, de découvrir de nouveaux produits et de discuter avec les commerçants.
Ensuite, je fais mes courses en vrac au magasin Day by Day tous les deux mois. Nous tenons une liste des aliments manquants afin de ne rien oublier le jour des courses. On doit aller au magasin bio tous les mois, voir tous les deux mois depuis que celui-ci a déménagé plus loin. Lorsque l’on a besoin d’un appoint, nous allons au petit supermarché au bout de la rue.

Nous ne perdons plus de temps dans les hypermarchés, même si Monsieur doit y aller une ou deux fois par an pour un besoin précis (patins pour les chaises, multiprises…). Certes, il y a les drives afin de gagner du temps mais ça n’a jamais été dans nos habitudes.

> Le fait maison

En dehors du pain, tout est fait maison chez nous ou avec simplicité. Je m’explique. Ces derniers mois, j’ai moins de motivation pour cuisiner, du coup j’achète les matières premières et on se débrouille avec. Par exemple, c’est pain avec du chocolat ou de la confiture pour le goûter à la place des gâteaux faits maison, c’est fromage blanc acheté chez le fromager avec du miel, sucre, cannelle, confiture à la place des yaourts faits maison… Ca convient parfaitement aux enfants. Ce-ci dit avant cette baisse de motivation, j’optais pour des plats simples et variés.

J’ai de la chance d’avoir des enfants qui n’aiment pas les plats cuisinés, surtout mon fils. Au début cela m’énervait profondément après 2 heures à cuisiner ! Maintenant, ça m’allège mon temps en cuisine. C’est tomates à l’huile d’olive avec olives et cornichons, pâtes avec un morceau de beurre ou fromage râpé, bâtonnets de carotte à croquer et sauce au fromage blanc, petits pois cuits à l’eau, poisson nature avec un trait de citron… Ma baby-sitter doit penser que je ne sais pas cuisiner. S’ils aiment les produits nature pourquoi faire autrement ? Cela ne nous dérange pas non plus de manger comme ça ; je rajoute souvent une sauce pour Monsieur.
Enfin depuis peu ma fille me l’a reproché, du coup je vais reprendre certaines recettes rapides à réaliser.

Si vous aimez les plats cuisinés, il y a aussi des astuces pour ne pas passer trop de temps en cuisine :
– cuisiner des plats simples (pâtes aux légumes, riz à la crème et champignons, petits pois carottes, cakes variés, soupes, salades composées…). Je me suis faite une liste de recettes simples et appréciées chez nous,
– cuisiner pendant 2 heures un soir (batch cooking) plusieurs plats en même temps,
– acheter des plats à emporter au marché (pizza maison, cordon bleu, plats libanais, choucroute…).

Côté ménage

J’ai simplifié à fond ce point là aussi. Vous pouvez aller voir ma routine ménage au naturel et découvrir les six produits que j’utilise. Deux sont achetés en vrac, quatre sont faits maison. Je réalise ma pierre d’argile en cinq minutes tous les six mois je dirais. Mon spray au vinaigre blanc en une minute dès que celui-ci est terminé. Je fais des pastilles WC en dix minutes pour trois mois en doublant la recette (la recette est par ici). Le plus long reste le gel WC que je réalise en deux temps. Pour celui-ci, je traîne souvent à en refaire, je le remplace alors par de l’acide citrique et un peu de vinaigre blanc versé dessus directement dans les toilettes.

Faire ma lessive me prend dix minutes un soir et dix minutes le lendemain, ça se trouve. Mais depuis quelques mois je n’ai pas envie de prendre ce temps pour le faire. Je n’arrive pas à mettre. Aucun soucis, je l’achète en vrac chez Day by Day.
Vous n’avez pas envie de faire quelque chose ? Pas de soucis trouvez sa version en vrac ou une alternative.

Côté éco-gestes

De nombreux éco-gestes sont mis en place depuis un moment. Certains ont eu besoin d’un déclic. J’avais plusieurs blocages qui se sont libérés au fur et à mesure : habits d’occasion pour moi, mouchoirs en tissu, oriculi…
La question du temps ne m’a jamais gênée ; j’étais motivée à deux cents pour cent ! Je me suis plongée dans le zéro déchet en changeant tout rapidement car c’était plus facile pour moi. Moins pour Monsieur. Ca se fait progressivement lorsque vous avez envie.

En revanche, certains éco-gestes prennent plus de temps : passer à l’énergie renouvelable, ouvrir un compte dans une banque éthique, participer à une cleanwalk (ramasser déchets dans la rue), utiliser moins la voiture… Mais de nombreux éco-gestes à fort impact demande plutôt un déclic et une réelle envie de changer : prévoir des vacances sans avion, manger moins de viande, baisser d’un degré son chauffage l’hiver.

Comment faire ?

Vous allez me dire “c’est bien beau tout ça mais trouver les bonnes adresses, les recettes efficaces, une organisation ça prend du temps !”.
Oui ! Mais on est pas obligé de faire tout d’un coup, commencez par mettre en place ce qui ne prend pas de temps justement. Ensuite, vous verrez le bien être que cela vous apporte et cela pourra faire effet boule de neige.

Vous pouvez faire une liste de chose à mettre en place petit à petit et cocher selon l’avancement. Quelques idées :
– changer le jetable par le réutilisable (rasoir de sûreté, coton lavable, sac en tissu, gourde…) selon vos moyens financiers bien sûr
– arrêter de sur-consommer
– se déplacer plus à pieds pour les petits trajets
– chauffer d’un ou deux degrés de moins votre logement en hiver
– mettre un économiseur d’eau sur les robinets
– manger moins de viande

Il faut le faire à son rythme. Certains vont avoir un déclic et changer du tout au tout, comme moi, et d’autres auront besoin d’y aller pas à pas sans être forcés. Lorsque l’on tombe dans le mode de vie écolo on commence pour préserver l’environnement, par la suite on continue pour ce que cela nous apporte. Meilleur pour la santé, économique, retrouver le vrai goût des aliments, redevenir un consomm’acteur, se reconnecter à la nature, se détacher de se monde de sur-consommation.

Souvent on passe au zéro déchet et on décide d’alléger son quotidien en même temps. Trier, ranger, vider, faire de la place… tendre vers le minimalisme. Ce point là m’a pris du temps, deux ans et ce n’est pas fini. Cependant j’aime trier, réorganiser, donner. Quel plaisir d’avoir un espace de vie rangé et allégé ! Cela demande de s’investir, toutefois c’est pour du durable. Mais c’est autre sujet.

(source : Photo by noor Younis on Unsplash)

On a tous un rôle à jouer

“Il n’y a pas de petits gestes”, “ce n’est pas tout ou rien”… on m’entendra souvent dire ces deux phrases dont je suis convaincue. Mais je comprends que ce ne soit pas facile de croire en l’impact de nos efforts personnels à long terme. Je vais tenter de vous donner mon point de vu sur ce sujet.

Lorsque je parle du zéro déchet autour de moi, je reçois trois sortes de réactions : « super idée, je vais m’y mettre », « ouai c’est génial mais pas pour moi », « ce n’est pas à nous de faire ça mais aux industriels et politiques ».

Il est vrai que nos petites actions n’ont pas d’impact direct sur la planète. En revanche, je reste convaincue qu’ensemble nous pouvons faire entendre notre voix auprès des politiques et surtout des industriels ! En achetant bio, en refusant le jambon aux nitrites, en boycottant l’huile de palme… histoire de mode ou pas, les industriels commencent à changer. Il n’est pas question de culpabiliser les particuliers mais d’agir ensemble, s’épauler, se motiver.

Je dis souvent « ça commence à bouger », pas encore assez vite certes, mais je suis régulièrement surprise de toutes les bonnes initiatives naissantes autour de moi. L’important est de montrer l’exemple, de semer des graines qui vont grandir et toucher d’autres personnes.

Montrer l’exemple

J’ai toujours une petite voix me disant « à quoi bon tout ça ? à quoi bon ce blog ? il y en a déjà pleins d’autres ». Et puis, je me remémore toutes les toutes les personnes qui ont mis un pied dedans grâce à moi. Une fois semée, la graine écolo grandit pour mon plus grand bonheur. Lorsque l’on regarde autour de soi, les gens peuvent être positivement surprenants.

Mon frère s’amuse souvent à me dire qu’il est plus écolo que moi. Vivant seul sans enfants il n’a pas les mêmes contraintes, je suis donc ravie s’il peut aller plus loin ! Il a déjà fait plusieurs présentations zéro déchet à ses amis, son boulot… Une fois l’idée semée elle s’étend.
J’ai de nombreux autres exemples : une amie institutrice qui essaye d’appliquer mes conseils dans sa classe, une autre qui change les choses auprès de son groupe scout, des collègues qui révolutionnent leurs vies, ma fille qui demande à tout le monde s’ils font un geste pour la planète, des lecteurs dont mes conseils inspirent…

Et puis, un jour on peut toucher la bonne personne qui déplacera des montagnes.

L’effet boule de neige

Il y a deux ans j’ai parlé de mon mode de vie à une maman d’amie de ma fille. Elle était réceptive de suite et l’idée a fait son chemin petit à petit. Elle a mis en place certaines habitudes au sein de son foyer, mais le plus important n’est pas là. Depuis un an, cette maman s’inspire de ma façon de vivre pour oser naturellement : être à l’initiative d’un cadeau d’anniversaire groupé pour un camarade de classe, mettre en place une kermesse plus écolo… et dernière idée en date se pencher sur la question d’une école durable. Ensuite, elle se tourne vers moi afin de réfléchir au sujet. Nous y travaillons actuellement, je vous en parlerai lorsque le projet sera plus avancé.

Je suis admirative de ces personnes qui osent après avoir eu un élément déclencheur. Cela peut être une lecture conseillée, une discussion, une idée suggérée… ou simplement montrer l’exemple par une action silencieuse mais concrète. Et puis, vous toucherez une personne, celle-ci en touchera cinq autres, qui inspireront leur entourage… l’effet boule de neige est activé.

Seul nous n’arriverons à rien, cependant ensemble on peut déplacer des montagnes ! Enfin, il faut pouvoir encore se motiver. Ce n’est pas tous les jours facile lorsque l’on regarde autour de nous et que l’on écoute/lit les informations. Mais je préfère tenter le coup, essayer plutôt que d’envenimer la situation. Mon moteur ce sont mes enfants, trouvez le votre vous aidera peut-être à rester motivé.

(Source image : Photo by Paul Rysz on Unsplash)